Du MIDI dans Arkos Tracker 2

Dans sa version de Juillet 2019, Arkos Tracker 2 (AT2) intègre le support du MIDI, en offrant la possibilité de connecter un périphérique MIDI (clavier maître par exemple), mais aussi et surtout d’importer des fichiers MIDI, ce qui offre de nombreuses possibilités, en particulier si on utilise des logiciels d’édition comme Guitar Pro ou un arrangeur comme Band in a Box, (pour ne citer que ceux la). On peut donc s’attendre à un déferlement de nouvelles musiques sur CPC (ainsi que les autres architectures supportées par AT2), tant l’outil est efficace, mais il ne dispense pas pour autant de faire tout le travail de réduction des pistes (les ramener à 3 pour le CPC), ainsi que de remodeler les instruments pour rendre le son plus dynamique. Comme toujours, venez partager vos commentaires et vos transferts sur le forum!

Premier import

Au même titre que l’on peut ouvrir un fichier tracker, on peut dorénavant ouvrir un fichier midi directement depuis AT2, par le menu file/open song ou en glissant un fichier midi sur la fenêtre d’AT2. Apparaît alors un popup menu permettant de paramétrer l’import. Munissez vous donc de quelques fichiers MIDI, glanés sur le net, si vous n’en avez pas, quelques uns seront proposés dans la suite.

Le nombre de pistes est indiqué en premier lieu, ici 7, suivi de deux cadres, le premier servant à indiquer quelles pistes mixer, et le second permettant de sélectionner les pistes a importer. Le processeur sonore du CPC n’étant doté que de 3 voix, il n’est en principe pas possible d’utiliser plus de voix, mais AT2 gère l’utilisation de plusieurs PSGs. Ce qui permet d’avoir autant de voix que nécessaire, et simplifie le travail de composition. Pour une première écoute, il vaut mieux sélectionner toutes les pistes, quitte à recharger le fichier avec uniquement les voix qui nous intéressent.

Le paramètre PPQ permet de jouer sur la quantization des notes. Pour les morceaux où chaque note est bien calée sur les temps forts, ce paramètré peut être élevé. Pour ceux qui usent de syncopes, et de groove, bref des divisions un peu plus fines, il faudra proivilégiers un PPQ plus bas. A noter que plus la valeur est basse, plus le nombre de séquences va s’accroître, ce qui prendra plus de place mémoire.

Il n’est en général pas nécessaire de changer le paramètre ‘Drum Channel’, qui indique le canal dédié à la batterie. De même, on gardera la case ‘Import note velocities’ cochée, puisque c’est ainsi que l’on peut garder toutes les nuances du jeu et des attaques contenues dans le fichier MIDI.

L’importation peut prendre du temps, d’autant plus que le morceau est long, et qu’il y a de nombreuses pistes. Voici quelques exemples, d’importation brute, sans aucune retouche, avec le fichier midi utilisé pour l’import.

Claire de Lune – Debussy (2 pistes)

Chicken – Jaco Pastorius (9 pistes)

Mercy, Mercy Me (Marvin Gaye) (57 pistes)

Non seulement le tempo général du fichier midi est utilisé pour sélectionner la vitesse générale, mais les changement de tempo en cours de morceau sont aussi pris en compte. Par exemple dans ‘Clair de Lune’, on a la colonne ‘Speed’ qui est régulièrement modifiée:

Instruments générés

Des instruments sont crées automatiquement, les sonorités sont simples, et le panel est réduit, par exemple, que ce soit la trompette, une guitare électrique ou un piano électrique, le même instrument est affecté, avec un sont plutôt neutre, et une enveloppe qui diminue l’amplitude:

Malgré cela, les instruments affectés automatiquement permettent d’avoir une bonne idée de l’arrangement. Il va falloir les retravailler bien sûr, mais ils sont déja créés, prêts à être remodelés.

Des batteries

Pour les batteries, les instruments sont plutôt bons et variés, par exemple ici la grosse caisse et un charlet fermé:

La conversion des pistes de batteries est tout à fait performant, AT2 arrive à utiliser peu de pistes,et donne un son convaincant sans aucun réglage, en particulier du fait de l’importation de la vélocité. J’ai fait quelques essais, avec des batteries générées par Band-in-a-Box (un arrangeur), dans différents styles. A chaque fois, un seul canal audio n’est utilisé. Quelques exemples:

Samba:

Disco:

Electro:


Modern Jazz

Bien choisir son PPQ

Dans ce de dernier exemple, la batterie est dans un style plus moderne, sonne bien avec les paramètres d’importation par défaut: Mais si on double la précision (en passant le PPQ de 120/4=30 à 15) , on se rend compte que la batterie est plus fine encore. Le tempo est un peu plus lent, mais on y distingue des roulements que l’on n’avait pas précédemment:

Si on compare les pistes (a gauche PPQ=30, à droite PPQ=15), on peut voir que chaque note dans l’image de gauche a son équivalent dans la colonne de droite. La note #20 correspond a la #00, le #21, à la #02, etc. Les notes à droite sont deux fois plus espacées ce qui est logique vu qu’on a divisé PPQ par 2.

Ceci dit, on voit que certaines notes présentes dans le second cas sont passées à la trappe avec PPQ=30. Par exemple ici, les notes en #27 et #28 sur la colonne de gauche correspondent aux notes #0E et #10 de la colonne de droite, et qu’en #0F, il y a une note qui ne peut pas avoir d’équivalent avec PPQ=30.

D’une manière générale, si un import avec les réglages par défaut ne sont pas convaincants au niveau du rythme, ou si des notes tout simplement perdues, il faudra réduire la valeur de PPQ

Réduction du nombre de pistes

La difficultés principale dans l’exploitation de fichiers au format midi, c’est qu’il va falloir tout faire loger sur 3 malheureuses pistes. Voici quelques techniques, à utiliser dans la mesure du possible:

  • Éliminer toutes les pistes en doublon ou inutiles, ou vides.
  • Fusionner la section rythmique (basse+batterie) en une seule piste: utiliser le canal de bruit pour marquer les basses ou inversement ajouter des notes dans les percussions.
  • Les polyphonies et les accords peuvent être simulées par des arpèges au niveau des instruments. Il faudra créer autant d’instruments que nécessaire, chaque instrument correspondant à un accord. On utilisera la colonne « arp » du panel instrument pour ajouter autant de notes que nécessaire. Par exemple pour un accord majeur à 3 notes, on utilisera les intervalles +0, +4, +7 (fondamentale, tierce, quinte)

Mise en pratique

Je suis parti du thème de ‘Airwolf’ que j’ai trouvé sur internet. J’ai choisi ce morceau, non par sa qualité musicale intrinsèque, mais parce qu’en plus d’être connu, il est suffisamment court, il possède plus de 3 pistes, ce qui va nous forcer à le retravailler un minimum. Et puis il s’agit de montrer qu’on doit pouvoir faire mieux que la musique du jeu éponyme, qui était une vraie purge!

Voici le fichier MIDI original. A la première importation, il y a quelque chose qui cloche au niveau du rythme:

En le réimportant avec un tempo plus rapide, le rythme ternaire de l’accompagnement est bien mieux respecté. Seul souci, il faudrait pouvoir indiquer des l’importation que nos pistes ne font pas la longueur standard, ici la taille idéale serait de 40 ou 80, au lieu de 64.

Pour réduire le nombre de pistes, commençons par analyser les pistes:

  • Piste 1: l’accompagnement, qui est continu et occupe toute la piste
  • Piste 2: Basse
  • Pistes 3,4,5: Mélodie
  • Piste 8 et 9: Batterie

La méthode que l’on va appliquer est la suivante:

  • On va conserver l’accompagnement qui est continu sur la première piste, en lui ajoutant un peu de noise de façon à renforcer le rythme. Cette piste évoque clairement par son rythme, le son des pales d’un hélicoptère.
  • On va regrouper la basse et les 2 pistes de batterie.
  • On va se concentrer sur la piste principale de la mélodie (le channel 3) et éventuellement essayer d’y insérer quelques notes intéressantes des pistes supplémentaires.
  • Dans tous les cas, il va falloir donner un peu de nuance dans les instruments pour mieux les distinguer, et donner un peu d’expression

Voici le résultat final. Il faudrait encore retravailler la mélodie qui est un peu brute, et la fin qui sonne un peu brouillon, mais en l’état le résultat est déjà plus convaincant. Et surtout, il tourne sur un vrai CPC.!

Quelques explications

Pour la grosse claire, j’ai activé la boucle, sur la dernière ligne de l’instrument, en utilisant l’effet Arpège (Arp), 2 octaves en dessous (-#18), afin de sonner juste.

Ensuite j’ai utilisé les notes de la piste de basses pour les notes de grosse caisse. Sur l’image suivante, on voit comment on a regroupé les 3 pistes initiales (1 de basse et 2 de batteries) pour n’obtenir qu’une seule piste. Les notes de basse (A#, instrument #02) sont maintenant utilisés pour la grosse caisse (instrument #08) et la caisse claire (instrument #0A):